Symbole d’une frontière entre modernité et histoire, la Place Jules Mercier à Thonon-les-Bains vit présentement un feuilleton politique symptomatique d’une rénovation urbaine à la française
Longtemps « en friche », les 3 bâtiments situé à l’est de la Place Jules Mercier, situé à l’angle de l’Avenue des Allobroges et de la Rue de l’Hôtel Dieu, dit « Ilot Jules Mercier » depuis la destruction des bâtiments les reliant au reste du bâti ancien au sud, espéraient de jours meilleurs.
Au lieu de revaloriser l’architecture en place, la dernière municipalité sous le joug de Christophe Arminjon, a décidé de bénéficier des « Fonds vert friches » de l’État français et son financement de 1M€ pour détruire ce qui restait : 2 bâtiments en état de quasi ruine et un troisième bâtiment qui abritait il y a encore quelques mois un commerce de chaussure et une école d’informatique. En moins de 3 mois, cet îlot à l’abandon est devenu un véritable terrain vague, légèrement aménagé. Un espace ouvert qui fait respirer cette zone du centre-ville en dégageant des perspectives naturelles et architecturales intéressantes.

Et c’est là qu’on en vient au projet d’aménagement. Les habitants sont assez heureux de ce nouvel espace de vie au centre de leur ville qui fait presque un lien avec la « nouvelle » Place des Arts végétalisé depuis le déplacement des bus et cars sur le Boulevard du Canal. Et c’est ce même réaménagement végétal qui pose une autre question, l’Avenue du Général de Gaulle qui débouche sur la Place Jules Mercier n’est plus une réelle porte d’entrée vers le centre-ville, du moins au niveau routier. Effectivement, cette place est devenu un quasi cul de sac en entrée de ville. Quid alors du projet de bâtiment « phare » d’entrée de ville prévu pour accueillir une enseigne commerciale nationale (FNAC était déjà pré-senti) a cet endroit? On peut se poser la question quand on sait que les galeries de l’Étoile sont, malgré un réaménagement important, à nouveau à l’abandon à même pas 200m de là…
Personnellement, pour vivre le secteur au quotidien, je penses que le trafic de transit devrait y être découragé et cette place, qui a déjà de nombreuses surfaces commerciales vacantes en façades, devrait être transformé en véritable lieu de vie urbain qui manque tant à Thonon et qui s’inscrit tout à fait dans l’urbanisme moderne du 21ème siècle. Et c’est en ce sens que j’ai pensé le plan ci-dessous.

Comme on peut le voir, la surface dédiée au routier est réduite et repensée, seule l’Avenue des Allobroges est maintenue en double sens pour l’accès à la Place des Arts, toutefois, dans l’idéal, ce double-sens pourrait prendre la forme d’une chaussée à la néerlandaise avec une bande cyclable de chaque côté et une voie routière centrale avec possibilité de se déporter sur les bandes cyclables pour croiser. Effectivement, la traversée sécuritaire du centre-ville en vélo est compliquée et des aménagements n’existe que sur le chemin de Ronde, un axe très circulé, de transit et avec un fort dénivelé, loin des commerces. Le Boulevard du Canal transformé en gare routière ne comporte effectivement aucuns aménagements cyclables.
L’extension du groupement scolaire est bien pris en compte sur une partie de la friche actuelle pour le projet de gymnase et d’espace périscolaire avec la possibilité de créer l’accès sécuritaire voulu au droit de la rue de l’Hôtel Dieu. Mais le reste de l’espace est « rendue » aux piétons mais aussi aux commerces! Effectivement, la circulation sur le trottoir de la façade nord-ouest de la place est rendue compliquée avec le flux actuel de piétons et les différents accessoires d’accroches commerciales (pancartes, présentoirs, marchandises ou même fût un temps, terrasse).

Avec l’espace piétonnier et végétalisé sur cette façade, l’attrait commercial des surfaces vacantes sera automatiquement augmenté et attirera à coup sûr de nouveaux entrepreneurs voir des enseignes nationales, j’en suis certain! Mais pour cela, il faut que la nouvelle municipalité penses à cette possibilité et accompagne une vrai modification de l’usage urbanistique de la ville au global, notamment en renforçant les alternatives à l’automobile individuelle pour se rendre en hyper-centre!
Petite anecdote sur l’école d’informatique qui a dû quitter l’ilot : Holberton, était la première école tourné tech qui s’installait à Thonon dans le cadre d’un projet plus ancien du même maire, celui de créer un campus de l’informatique à l’est de la gare SNCF sur une autre friche, depuis les cartes ont été rebattues (sans mauvais jeux de mots) et c’est un casino qui se construit à la place de ce campus… Holberton a elle investi les anciens locaux du journal local « Le Messager » en face du Parc Thermal.